01 août 2015

Les pardons bretons

De mai à octobre, tandis que les touristes envahissent les terres bretonnes, cantiques et litanies s'élèvent vers le ciel armoricain en même temps que se hissent en des processions colorées bannières, croix, reliques, statues de saints portées par des hommes ou des femmes en costume traditionnel. Les pardons bretons semblent bien constituer une spécificité du folklore local. Mais ils expriment aussi de façon remarquable la foi, la piété et la dévotion du peuple breton envers ses saints protecteurs.

Entre folklore et sacralité

Le Pardon trouve ses origines dans les confréries qui divisaient les paroisses en quartiers : chacune se mettait sous la protection d'un saint et lui portait une dévotion particulière. Les habitants du quartier se devaient aide et assistance au sein de la confrérie : ils se réunissaient une ou deux fois par an pour rétablir leur unité et se donner un pardon mutuel. À partir du XVe siècle, la construction des églises permit les premiers pèlerinages : de grandes assemblées se réunissaient en des messes solennelles et en des processions pour obtenir le pardon des péchés, les indulgences, exécuter un vœu ou encore demander des grâces.
Ces traditions religieuses ancestrales trouvent aujourd'hui un regain grâce au rôle de nombreuses associations. Leur caractère social et identitaire est clairement manifesté, comme le prouve la fête populaire qui les clôt : les danses bretonnes viennent mêler le profane au sacré. Traditions vivantes mêlant folklore et sacralité, les pardons sont donc bien une racine  pour l'identité bretonne.

1 200 pardons bretons

Ainsi, ce ne sont pas moins de 1 200 pardons qui sont chaque année fêtés en Bretagne.
Tous ne s'équivalent pas cependant : de grands pardons tels que celui de Sainte Anne d'Auray rassemblent des milliers de personnes et touristes, mais la majorité sont des petits pardons pleins de ferveur religieuse. Parmi les plus connus, nous pouvons citer le pardon de Saint-Yves à Tréguier (22) le troisième dimanche de mai, celui de Notre-Dame de Bon-Secours à Guingamp (22) le premier dimanche de juillet, de la Saint-Guénolé à Batz-sur-Mer (44) le premier dimanche d'août ou encore celui de Notre-Dame du Folgoët (29) au Folgoët le premier dimanche de septembre.

Certains pardons s'échelonnent sur tout un territoire. Certains suivent de longs itinéraires appelés « troménies » (tour du territoire du saint, en breton). Ainsi de la « Grande Troménie de Locronan » (deuxième dimanche de juillet) qui, tous les six ans, suit un parcours de 12 kilomètres ponctué de chapelles votives improvisées. Mais le plus connu et celui qui a le plus d'ampleur est bien le Tro-Breiz, « le tour de Bretagne ». Depuis le XIIe siècle, les sept saints fondateurs des évêchés armoricains sont vénérés dans un parcours de plus de 500 kilomètres reliant leurs tombeaux aux sept évêchés : Samson à Dol, Malo à Saint-Malo, Brieuc à Saint Brieuc, Tugdual à Tréguier, Pol-Aurélien à Saint-Pol-de-Léon, Corentin à Quimper et Patern à Vannes.

Le regain de cette tradition a par ailleurs vu l'apparition de nouveaux pardons insolites, fruits de la société contemporaine : le pardon islamo-chrétien au Vieux-Marché (22) le quatrième dimanche de juillet, créé en 1954, symbolisant le rapprochement de l'Islam et de la Chrétienté, ou encore, depuis 1979, le pardon de la Madone des Motards à Porcaro (56) le 15 août, au cours duquel le recteur bénit les motos.

 Par Bénédicte Bouley
www.cef.fr

 

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Les pardons

Les centaines de pardons et de saints bretons illustrent l'originalité de la piété bretonne.pardon_de_lomener
Ils ont lieu dans des églises ou chapelles consacrées par une tradition parfois millénaire et sont l'expression de la dévotion populaire à un saint particulier, le "patron" local à qui l'on demande grâce.
Chaque année, le pardon rassemble les fidèles et les touristes qui viennent chercher le pardon de leurs fautes, exécuter un vœu ou demander des grâces. La messe solennelle est suivi ou précédée d'une procession ou bannières, reliques, croix, statues de saints portées par des hommes ou des jeunes filles parfois en costumes, suivies d'une cortège de pèlerins et prêtres chantant des cantiques en breton et litanies. (source : http://www.mariedenazareth.com). Photo : comité des fêtes de Lomener.

A Ploemeur, plusieurs pardons sont célébrés :

Pardon de St Bieuzy : le 3ème dimanche de mai. Messe sur le port de Kerroch en mémoire des péris en mer puis procession à bord des bateaux de pêche.
St Bieuzy ou Bihy, Bihuy. Disciple de saint Gildas de Rhuys, il se construisit un ermitage sur les bords du Blavet. Il eût un jour à choisir entre guérir la meute des chiens de son seigneur atteinte de rage et ne pas célébrer la liturgie pour son peuple, ou bien célébrer ce service religieux et ne pas répondre aux injonctions du seigneur brutal qui le demandait. Il préféra ses fidèles aux chiens, ce pourquoi il fut tué d'un coup d'épée par le seigneur breton. De nombreuses fontaines lui sont dédiées en Bretagne.

Pardon de St Maudé : le lundi de la Pentecôte. Messe à la chapelle St Maudé située à proximité de la maison de santé du Divit puis procession à la fontaine.
St Maudé ou Mandé ou Maudez ou Maws. Irlandais d'origine à moins qu'il ne soit du Pays de Galles, il vécut tout d'abord en ermite en Cornouailles où un village porte son nom. Puis il se rendit en Bretagne et la tradition veut qu'il ait débarqué à Pleubian. De là, il visita de nombreux monastères dans la région de Tréguier, Dol et le pays de Léon. Enfin, il se retira dans une petite île près de Lannion.

Pardon de St Léonard : le premier dimanche de juillet. Messe à la chapelle St Léonard puis procession à la fontaine. Pour s'y rendre à partir du centre ville de Ploemeur, prendre la direction du Fort Bloqué après le lieu dit Lann Er Roch suivre la direction "usines des Kaolins".

Pardon de Ste Anne : le 26 juillet. Messe à la chapelle. Elle est située en centre ville en direction de Lorient.
La tradition, dès les premiers siècles, appellent les parents de la Vierge Marie, Joachim ("Dieu accorde") et Anne ("La Grâce - la gracieuse").
L'imagination des auteurs des Evangiles apocryphes en font un couple discret, mais il était bien réel et il a su accueillir, éduquer Marie et l'éveiller dans la grâce toute spéciale qui était la sienne, et qu'ils ignoraient.
Le culte de sainte Anne apparaît dès le 6ème siècle dans certaines liturgies orientales et, au 8ème siècle dans les liturgies d'Occident. Son culte est généralisé avant la fin du 14ème siècle.
Sainte Anne est souvent représentée apprenant à lire à sa fille dans le livre de la Bible. Une icône russe, image gracieuse de l'amour conjugal, immortalise le baiser qu'ils se donnèrent lorsqu'ils apprirent la conception de Marie. C'est ainsi qu'ils ont participé au mystère de l'Incarnation.
La Bretagne, après la découverte d'une statue miraculeuse, dans le champ du Bocéno,lui a construit une basilique à Sainte-Anne d'Auray, et en a fait sa "patronne". Les marins par le fait même l'ont choisie comme protectrice.

Pardon de Notre Dame de la Garde : le premier dimanche d'août. Messe à la chapelle N.D. de la Garde à Lomener en mémoire des péris en mer puis procession à bord des bateaux de pêches.

Pardon de St Tugdual : le dernier dimanche d'aout. Messe à la chapelle. Elle est située à proximité de la Z.A. de Kerdroual.
St Tugdual ou Tudwal ou Thual ou Pabuth ou Pabu.
Originaire du Devonshire en Angleterre, il débarque en Armorique avec plusieurs moines et plusieurs membres de sa famille dont sa mère sainte Pompaïa. Il fonde l'abbaye de Lann-Pabu dans le Léon, Trebabu-29217. Là, il retrouve de nombreux émigrés du Devonshire qui fuyaient l'invasion des Angles.
Il devient évêque de Tréguier vers 540 et il rayonne sur toute la province.

Page réalisée en collaboration avec le site internet http://nominis.cef.fr/

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